Ah enfin le soleil revient et déjà la nuit tombe… Espérons que demain aussi il fasse beau ! Je ne dirais quand même pas que le soleil conditionne mon bonheur mais presque ! C’est vrai, je renais au printemps !
Je n’en reviens pas… Maud, une animatrice de 30 ans, qui lit mes billets aux résidents de sa maison de retraite voit une journaliste demain (de Ouest France en plus) .. Qui va faire un article dont je serai la protagoniste si j’ai bien compris… Waouh ! Ça pour une nouvelle ! J’en profite pour saluer tous les résidents de toutes le maisons de retraite de France et d’ailleurs ! Je ferme la parenthèse et « rebascule » sur ma maison de retraite à laquelle j’aimerais donner un nom. Je ne veux pas reprendre le vrai nom car on trouverait facilement ou je réside et j’ai promis à mes filles de garder l’anonymat, d’autant plus qu’en restant discrète je peux parler librement de tout ceux qui m’entourent (de Sophie à la directrice en passant par le Général !). Pourriez vous m’aider à rebaptiser ma maison de retraite ? Avez-vous des idées ?
Ce matin je lisais le journal quand Sophie est arrivée pour m’aider à me doucher… opération périlleuse qui pourrait durer des heures si personne ne me faisait mon shampoing ou m’aidait à me relever de ma chaise(en plastique spéciale douche !) une fois la toilette terminée ! Nous bavardions donc avec Sophie quand on a frappé à la porte. J’ai dit OUI bien fort et le médecin est entré ! Je ne vous raconte pas… Comme je suis la seule au courant de leur idylle, ils en ont profité pour s’embrasser et se serrer dans les bras ! Ça m’a bien fait rire. Sophie m’a regardé gênée… je lui ai lancé :
- Je veux bien que votre planque soit dans ma chambre mais je demande une rémunération…
- Laquelle ? M’a demandé le docteur.
- Je veux aussi être embrassée fougueusement !
Ils ont ri. Moi aussi, bien sur je n’étais pas sérieuse. Mais si j’avais eu 60 ans de mois (environ !) il n’aurait pas rit le médecin, je vous assure, parce qu’on me disait souvent que j’étais une belle femme. Aujourd’hui, j’admets, je suis une jolie mamie avec de bonnes joues bien pleines (comme mes fesses qui sont bien dodues) ! Il y a un avantage à grossir, c’est qu’on prend de la poitrine. Je suis passée d’un petit C à un gros E ! Enfin, j’arrête de parler de mon intimité de mamie ! Qu’est-ce que vous allez penser de moi sinon ?
En début d’après midi, Elsa et venue me voir. Sa mine était meilleure que la dernière fois. Ouf, cela m’a rassurée.
- Vous ne savez pas la meilleure ? Je l’ai croisé avec sa minette, en pleine rue. Ils étaient en train de rire aux éclats, il l’a tenait pas la taille. Je me suis arrêtée nette. Mes jambes se dérobaient sous moi et puis ils ont tourné rapidement. Je n’ai pas eu à endurer le supplice de les croiser… Des fois j’ai envie de déménager. Qu’est-ce qui me retient ici ?
- Moi …
Je lui ai dit cela sans grande conviction et on a souri. Je me dit que j’ai beaucoup de chance. Certes j’ai perdu les trois hommes de ma vie mais jamais je ne me suis fait trahir ou quitter par eux. (trahir… vous pourriez me dire qu’on en est jamais sûre mais j’en suis convaincue). C’est dingue. La vie peut basculer d’une seconde à l’autre. On vous quitte, quelqu’un meurt et voilà… c’est la détresse qui vous hante. Il faut alors se relever. Reprendre goût à la vie. J’espère qu’Elsa se relèvera vite. Avant de partir elle m’a offert des After Eight… Je les adore ces chocolats ! Ce soir mes filles et mes petits enfants me manquent. C’est vrai que je pourrais vivre chez eux si on faisait quelques aménagements. Mais la roue tourne et je veux les laisser vivre leur vie sans être un poids. Ce blog c’est un peu pour leur montrer que je vais bien et que je suis heureuse malgré tout ! Souvent les familles de résidents culpabilisent. Cela me tuerait que ma famille culpabilisent.
D’autant plus qu’ils sont au petit soin . D’ailleurs Anna vient me chercher ce week-end. Encore.
Une petite citation avant de vous quitter pour Morphée :
« Quand je suis triste, je pense à vous, comme l'hiver on pense au soleil, et quand je suis gai, je pense à vous, comme en plein soleil on pense à l'ombre. » Victor Hugo
Chers amis et chères amies, baisers au goût d’After Eight ! Moi aussi je pense à vous. Je me dis souvent tient, qui me lis ? Comment réagissent ils devant leurs écrans ? Parlent ils de moi ? Des fois j’ai l’impression que c’est un rêve, que ça me dépasse. Ah la la… c’est une vieille qui dit merci à internet.
A demain. Votre Lili Rose.
Au fait, j’ai l’impression que mon compteur est cassé.. Je ne vois plus combien j’ai de visiteurs. Vous voyez-vous ? Heureusement j’ai installé google analytics sur les conseils de Camille en même temps que les autres compteurs !
Affichage des articles dont le libellé est Sophie. Afficher tous les articles
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mercredi 2 juin 2010
vendredi 21 mai 2010
Y'a de la joie, bonjour bonjour les hirondelles
HUMMMMMMMMMMMMMMMM, il fait beau et une douce odeur d'été me chatouille les narines! Je suis aux anges parce que Sophie est venue ce matin. Elle souriait plus que de coutume. Vous savez, ce genre de sourire entier, irradiant... Je me suis dit... elle va me faire une confidence et je trépignais d'impatience... sur mon fauteuil roulant! Je devais être belle à voir!
- Tu m'as l'air bien heureuse Sophie, lui ai-je dis.
- Plus que cela Lili...
Et elle m'a raconter que la veille, elle était du soir, et elle est sortie de la maison de retraite vers 21h. Elle marchait qhand un homme l'a interpellé, avant de la rattraper en courant. C'était le médecin, notre médecin, le splendide petit médecin de la maison de retraite. Ils ont marché un bout de chemin ensemble. Il lui a pris la main. Elle s'est arrêté, l'a regardé et il l'a serré fort dans ses bras. Puis il est parti, aussi vite qu'il était venu. Donc vous comprendrez qu'aujourd'hui Sophie elle est dans un état second!
- Moi qui croyais qu'il avait un faible pour moi... j'ai dit!
On a rit. Elle n'en a parlé à personne. C'est vrai qu'ils travaillent tous les deux dans le même établissement... Je ne sais pas si c'est très recommandé mais de toute façon je suis sûre que dans une poignée de mois Sophie s'exilera pour rejoindre une école d'infirmière, alors!
C'est beau la fougue, l'amour, ces émotions des premiers instants. Tiens je les revivrais bien une fois! Je donnerais volontier tout(je n'ai pas une fortune non plus!) l'argent de mes deux comptes bancaires! Je ne suis absolument pas matérialiste. Mais c'est pas très sérieux quand même! Il faut bien payer la maison de retraite! Souvent je me demande, "que donnerais tu pour refaire ça ou ça?" C'est amusant!
Ce week-end, je commence mon roman, je suis toute excitée!Et j'ai ce luxe d'avoir un temps infini (enfin presque. Infini tant que je vivrais!)
Et demain soir, j'ai demandé à Sophie (qui ne pouvait rien refuser à personne vu son euphorie)de nous amener manger des sushi avec Violette!
J'ai plusieurs Monde de retard à lire cette après midi, confortablement installée dans mon lit! Je vous laisse sur un poème de Prévert... qui me donne, chaque fois que je me le récite, les mêmes frissons...
Barbara
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.
Jacques Prévert, Paroles
- Tu m'as l'air bien heureuse Sophie, lui ai-je dis.
- Plus que cela Lili...
Et elle m'a raconter que la veille, elle était du soir, et elle est sortie de la maison de retraite vers 21h. Elle marchait qhand un homme l'a interpellé, avant de la rattraper en courant. C'était le médecin, notre médecin, le splendide petit médecin de la maison de retraite. Ils ont marché un bout de chemin ensemble. Il lui a pris la main. Elle s'est arrêté, l'a regardé et il l'a serré fort dans ses bras. Puis il est parti, aussi vite qu'il était venu. Donc vous comprendrez qu'aujourd'hui Sophie elle est dans un état second!
- Moi qui croyais qu'il avait un faible pour moi... j'ai dit!
On a rit. Elle n'en a parlé à personne. C'est vrai qu'ils travaillent tous les deux dans le même établissement... Je ne sais pas si c'est très recommandé mais de toute façon je suis sûre que dans une poignée de mois Sophie s'exilera pour rejoindre une école d'infirmière, alors!
C'est beau la fougue, l'amour, ces émotions des premiers instants. Tiens je les revivrais bien une fois! Je donnerais volontier tout(je n'ai pas une fortune non plus!) l'argent de mes deux comptes bancaires! Je ne suis absolument pas matérialiste. Mais c'est pas très sérieux quand même! Il faut bien payer la maison de retraite! Souvent je me demande, "que donnerais tu pour refaire ça ou ça?" C'est amusant!
Ce week-end, je commence mon roman, je suis toute excitée!Et j'ai ce luxe d'avoir un temps infini (enfin presque. Infini tant que je vivrais!)
Et demain soir, j'ai demandé à Sophie (qui ne pouvait rien refuser à personne vu son euphorie)de nous amener manger des sushi avec Violette!
J'ai plusieurs Monde de retard à lire cette après midi, confortablement installée dans mon lit! Je vous laisse sur un poème de Prévert... qui me donne, chaque fois que je me le récite, les mêmes frissons...
Barbara
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.
Jacques Prévert, Paroles
mardi 18 mai 2010
Gobe papillons le héros!
Il est tard et je n’arrive pas à dormir alors, je prends l’ordi à défaut de prendre la plume ! Pour tout dire, jouons la carte de la transparence ( !), je me suis assoupie trois heures cette après-midi…ce qui n’aide absolument pas à trouver le sommeil.
Aujourd’hui fut une journée riche en émotions, comme je les aime ! Il y a d’abord eu la toilette de ce matin. Sophie l’aide soignant m’aidait. Nous avons parlé de son avenir, de son passé d’orpheline … Elle m’a avoué avoir déjà pensé de tenter le concours d’infirmière mais elle se disait toujours « ce n’est pas pour moi »… Ah ce maudit plafond de verre. Et elle m’a dit ensuite que mes encouragements, le fait que j’ai tout de suite cru en elle, tout ça lui a donné de l’espoir et une authentique motivation. Elle m’a dit qu’il y avait certaines écoles dont le concours d’entrée était en octobre et qu’elle allait s’inscrire. Qu’elle travaillerait sérieusement chaque soir. Elle souriait en m’annonçant cette si jolie nouvelle… Je l’accompagnerai de toutes mes petites forces de mamie octogénaire.
En fin de matinée, l’événement du siècle s’est produit… Eh oui messieurs dames, dans ma maison de retraite ! J’étais dans ma chambre et il y Tom un aide soignant qui se tordait de rire en courant dans mon couloir et en appelant Bertrand, son ami, un autre aide soignant. Il lui a raconté toute l’histoire devant ma porte … La directrice quand elle s’est assise dans son bureau, elle s’est relevée tout de suite en poussant un petit cri. Elle est sortie, en furie, en demandant à qui voulait l’entendre « Qui a mis un quartier d’orange sur ma chaise ? » La pauvre, sa robe étant beige, elle a du rentrer chez elle pour se changer. Elle a dit à son retour qu’elle trouverait le coupable coûte que coûte. Qu’elle convoquerait tout le personnel dans son bureau et qu’elle finirait bien par trouver des témoins. Avant que je ne m’endorme comme une masse cette après midi, Violette est venue dans ma chambre. Et elle m’a dit « Je sais qui c’est ! ». Elle a attendu cinq bonnes minutes avant de me le dire… Quand je lui ai dit que la beauté du secret dépendait de la personne à qui on le confiait… Elle ne pouvait plus résister :
- C’est M. Turin.
- Monsieur Turin ? Gobe papillons ?
Je précise que je l’appelle ainsi depuis qu’il a failli en avaler un papillon. Mais pourquoi il aurait fait cela à la directrice gobe papillons ? Violette m’a répondu qu’elle ne savait pas. Moi, ce qui m’impressionne c’est que gobe papillon est l’un des résidents qui marche le plus lentement (sans déambulateur par contre) de toute la maison de retraite. Alors il avait du bien prévoir son coup…attendre par exemple que la Directrice parte faire un grand tour dans les étages. En tout cas, chapeau bas M. Turin… Je lui dirai dès que je le croiserai !
Mes paumières tombent. Bonne journée à vous tous ! J’ai l’impression que plus on vieillit plus on prête attention à tout ce qui nous entoure. Vous les jeunes (les moins de 80 ans !) profitez de chaque moment heureux, du soleil qui vous éblouit, d’un rire d’enfant, d’une odeur délicate…Ah la vie, je recommencerai bien tiens !
Ma fille ne va pas en revenir, déjà plus de 600 visite... Il faut qu'elle mette le champagne au frais! Mais pour les 100 membres... Je suis loin du compte!
Votre Lili Rose, aujourd’hui, demain et j’espère après demain !
Aujourd’hui fut une journée riche en émotions, comme je les aime ! Il y a d’abord eu la toilette de ce matin. Sophie l’aide soignant m’aidait. Nous avons parlé de son avenir, de son passé d’orpheline … Elle m’a avoué avoir déjà pensé de tenter le concours d’infirmière mais elle se disait toujours « ce n’est pas pour moi »… Ah ce maudit plafond de verre. Et elle m’a dit ensuite que mes encouragements, le fait que j’ai tout de suite cru en elle, tout ça lui a donné de l’espoir et une authentique motivation. Elle m’a dit qu’il y avait certaines écoles dont le concours d’entrée était en octobre et qu’elle allait s’inscrire. Qu’elle travaillerait sérieusement chaque soir. Elle souriait en m’annonçant cette si jolie nouvelle… Je l’accompagnerai de toutes mes petites forces de mamie octogénaire.
En fin de matinée, l’événement du siècle s’est produit… Eh oui messieurs dames, dans ma maison de retraite ! J’étais dans ma chambre et il y Tom un aide soignant qui se tordait de rire en courant dans mon couloir et en appelant Bertrand, son ami, un autre aide soignant. Il lui a raconté toute l’histoire devant ma porte … La directrice quand elle s’est assise dans son bureau, elle s’est relevée tout de suite en poussant un petit cri. Elle est sortie, en furie, en demandant à qui voulait l’entendre « Qui a mis un quartier d’orange sur ma chaise ? » La pauvre, sa robe étant beige, elle a du rentrer chez elle pour se changer. Elle a dit à son retour qu’elle trouverait le coupable coûte que coûte. Qu’elle convoquerait tout le personnel dans son bureau et qu’elle finirait bien par trouver des témoins. Avant que je ne m’endorme comme une masse cette après midi, Violette est venue dans ma chambre. Et elle m’a dit « Je sais qui c’est ! ». Elle a attendu cinq bonnes minutes avant de me le dire… Quand je lui ai dit que la beauté du secret dépendait de la personne à qui on le confiait… Elle ne pouvait plus résister :
- C’est M. Turin.
- Monsieur Turin ? Gobe papillons ?
Je précise que je l’appelle ainsi depuis qu’il a failli en avaler un papillon. Mais pourquoi il aurait fait cela à la directrice gobe papillons ? Violette m’a répondu qu’elle ne savait pas. Moi, ce qui m’impressionne c’est que gobe papillon est l’un des résidents qui marche le plus lentement (sans déambulateur par contre) de toute la maison de retraite. Alors il avait du bien prévoir son coup…attendre par exemple que la Directrice parte faire un grand tour dans les étages. En tout cas, chapeau bas M. Turin… Je lui dirai dès que je le croiserai !
Mes paumières tombent. Bonne journée à vous tous ! J’ai l’impression que plus on vieillit plus on prête attention à tout ce qui nous entoure. Vous les jeunes (les moins de 80 ans !) profitez de chaque moment heureux, du soleil qui vous éblouit, d’un rire d’enfant, d’une odeur délicate…Ah la vie, je recommencerai bien tiens !
Ma fille ne va pas en revenir, déjà plus de 600 visite... Il faut qu'elle mette le champagne au frais! Mais pour les 100 membres... Je suis loin du compte!
Votre Lili Rose, aujourd’hui, demain et j’espère après demain !
mercredi 28 avril 2010
Je ne sais pas si c'est le printemps, le soleil ou autre chose mais les gens ont l'air plus souriant, plus heureux que d'habitude... C'est si agréable. Léopold mon voisin souffrant d'Alzheimer vient de sortir de ma chambre, il cherchait sa soeur "Ou se cache t-elle cette bécasse?" qu'il disait "elle n'a même pas préparé le repas ce soir"... il est reparti se promener dans le couloir après avoir regardé un peu partout chez moi! Ca ne me dérange pas, j'ai pas grand chose à cacher! Sophie une charmante aide soignante m'a dit qu'il parlait de sa soeur jumelle qui morte il y a plus d'un an. Il ont toujours vécu ensemble, des inséparables.
Ma journée se passait à merveille, je lisais un livre extraordinaire que ma fille m'a offert (L'Equilibre du monde de Rohinton Mistry, un chef d'oeuvre je vous le recommande vivement) quand soudain une dame très élégante a frappé à ma porte qui était entrouverte... La fameuse dame de compagnie est entrée avec un large sourire figé sur la figure. "Bonjour" je lui ai lancé... Et elle s'est présentée... une demie heure elle a durée sa maudite présentation aux accents grandement bourgeois... Moi qui croyait qu'une dame de compagnie était là pour vous distraire. J'ai mis un fond de Brassens au bout d'un quart d'heure mais, imperturbable, elle a continué... "Mon mari opère les coeurs vous savez"... blablabla. Enfin, elle m'a demandé "Et vous?", "Et vous quoi?" je lui ai dit... "eh bien parlez-moi de vous" "J'ai 82 ans, 3 filles de 3 hommes différents, j'ai été infirmière puis journaliste et j'aime par dessus tout Brassens et Albert Cohen"... Elle a équarquillé les yeux... L'heure qui a suivi on a parlé du temps, de la mer, du prix du lait...et elle est parti ayant accompli sa bonne action de la journée! Ensuite Sophie la jeune et timide aide soignante est venue. Elle est entrée, elle m'a souri, tout simplement, sans mot. Elle m'a embrassé sur la joue et elle a filé. Morale de l'histoire, mieux vaut un humble baiser qu'une compagnie faussement intéressée!
Je suis heureuse car ma fille aînée vient me chercher vendredi soir pour le week-end! J'espère bien que je pourrais écrire un ou deux billets de chez elle... D'autant plus que ça risque d'être intéressant car entre son mari Hubert et moi c'est la guerre froide!
"Non Léopold... votre soeur ne se cache pas dans ma chambre..." Il n'arrête pas de la chercher et de vagabonder le pauvre, il devait vraiment l'aimer sa soeur.
A demain pour d'autres aventures! Taper me prend un certain temps... alors je ne relis pas toujours, vous pardonnerez mes scories! Merci
Libellés :
Alzheimer,
dame de compagnie,
soleil,
Sophie
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