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lundi 14 juin 2010

J'adore la mer!

43 membres, chaque fois qu’il y en a un en plus, mon sourire monte jusqu’aux oreilles.

Il y a quatre choses qui me font un bien démesuré : être entourée de personnes chères, voyager, entendre le rire des enfants et, aller à la mer. Je suis allée mille et une fois m’asseoir sur un banc dans un parc dédié aux enfants. Et je les regardais jouer, courir, se taquiner, être téméraire, pleurer et rire. D’un rire cristallin, si agréable, une brise de diamants qui fait tout oublier. Je vous le conseille, sincèrement, allez y et savourez. Prenez un journal pour vous donner une mine occupée ! Ou criez une fois avec conviction : « Marie arrête d’embêter le petit garçon » comme ça tout le monde croira que vous avez un enfant ou un petit enfant qui joue dans le feu d’artifice de fougue!

Oh mais parlons la mer à présent. Avec Violette, nous avons quitté l’After Eight sous le soleil et surtout sous les regards jaloux de nos vieux camarades ! Arthur le médecin et Sophie m’ont installé dans une petite voiture, une Twingo rouge ! Après avoir lutté un quart d’heure pour faire rentrer mon corps imposant dans ce pot de yaourt, je me suis dit que je devrais peut-être réduire la dose de chocolat que je m’injecte dans l’arrière train quotidiennement ! Eh oui je suis lucide. Mes 55 kilos sont à des années lumières et voyez vous, cela me faire rire à présent ! Une autre option serait envisageable et plus pertinente pour facilité ma monter dans la voiture d’Arthur : qu’il en rachète une autrement plus spacieuse !

L’après midi de samedi fut… enchanteur ! On s’est promené sur la baie, on a mangé une grosse glace : j’ai pris un banana split et bien sur… J’ai fait tomber ma boule chocolat sur ma belle jupe jaune… la pauvre lingère…

On a parlé de choses et d’autres et cet entrecroisement de générations fut naturellement enrichissant. Qu’ils sont beaux nos deux tourtereaux ! Sophie appréhende une convocation de la directrice… Un baiser volé dans la chambre d’une vieille femme… Ca ne vaut pas un blâme tout même !

Le dimanche fut calme. J’ai lu mes mondes de retard et du Tchekhov (Oncle Vania !). Quant à mon roman, il avance à petite vitesse, aussi rapidement que lorsque je marche avec mon déambulateur… Je vous laisse imaginer !

Je vais être franche… J’ai beaucoup de mal à écrire ce billet. Mon esprit est ailleurs… Je ne cesse de penser au nouvel arrivant à l’After Eight. Ce monsieur si élégant ! Si différent ! Il me trotte dans la tête. Il faut que j’en sache plus sur son compte. C’est mon objectif de la semaine… Et bien sur je vous livrerai tout. Quelle chance inouïe j’ai que des dizaines de pairs d’yeux se posent sur ce lignes. Merci.

Lili Rose

vendredi 11 juin 2010

Quand la directrice se croit tout permis…

Je suis en état de choc…Hier après midi je lisais des poèmes de Victor Hugo en me disant que le talent littéraire était vraiment parcimonieusement offerts aux hommes… Quand Sophie est venue me rendre une amicale visite. Lorsque Sophie vient cinq minutes, ça équivaut pour moi à un bain de soleil de deux heures ! Et je n’exagère pas. Nous parlions et elle m’a proposé de m’amener à la mer demain avec Violette et son amour de médecin, Arthur ! J’ai pris un agenda quasiment vide, j’ai fait mine de regarder puis je lui ai dit :

- Eh bien Sophie, on peut dire que tu as de la chance je suis justement libre samedi après midi !

Elle a rit et comble de la joie, Arthur, son Prince, est entré et l’a serré dans ses bras. Je contemplais, béate, le spectacle quand quelqu’un a frappé et sans même que je réponde, la directrice a déboulé dans ma chambre, soit disant pour prendre de mes nouvelles… C’est bien la première fois qu’elle s’inquiète pour moi jusqu’à venir à mon étage ! Toujours est-il que les deux tourtereaux étaient blottis dans les bras l’un de l’autre… La surprise a fait qu’ils se sont reculés. La directrice les a regardé sans dire mot… Comme si elle se doutait de leur relation. Après s’être rapidement informé sur ma santé et mon moral elle a tourné les talons. J’ai presque crié :

- Madame la directrice ?
- Oui
- Il me semble je qui suis ici à mon domicile (j’ai appuyé sur ce mot) juridiquement du moins, n’est-ce pas ?
- Oui tout à fait.
- Alors à l’avenir, j’aimerais que vous attendiez que je réponde oui ou non avant d’entrer.
- Vous avez raison, je vous prie d’accepter mes excuses.

Ellest restée plantée trente seconde au moins dans le silence et je suis restée de marbre. Enfin elle est partie. Non mais ! Pour l’instant elle n’a convoqué ni Sophie, ni Arthur… Que nous prépare t-elle ? C’est la grande surprise. Si elle utilise les grands moyens, moi aussi je vais les utiliser. Je sortirais l’artillerie. J’irais chercher notre téméraire gobe papillons pour qu’il la rende folle. Oh que j’aimerais avoir une directrice dynamique, pleines d’idées, d’humanité, de justice !

La chambre du grand-père décédé cette semaine est déjà remplacée. C’est un commerce qui fonctionne bien : les maisons de retraite. Ou plutôt les EHPAD… Ce barbarisme qui signifie établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendante…On donne ce nom nouveau parce que les maisons de retraite sont aujourd’hui pour la plus part médicalisée. Moi je ne suis dépendante qu’au chocolat. J’avais deux tablettes quand j’ai commencé à écrire ce billet, il ne m’en reste plus qu’une…(j’ai mangé la Côte d’or chocolat au lait parsemé de noisettes). Il faut bien mourir de quelque chose ! Moi ce sera d’une hyperchocolatite ! D’ailleurs je mange beaucoup de chocolat depuis que je suis à l’After Eight ! Ca me rappelle la période ou j’étais enceinte de Natacha. Comme mon col était dilatée j’ai du rester quatre mois allongée pour ne pas vivre un accouchement prématuré et là ; vraiment, j’en ai mangé des tablettes ! C’est peut-être pour cela que Natache mange beaucoup plus de chocolat que ses sœurs ! Sauf qu’à l’époque, lorsque j’ai accouché je me suis vengée de mon inactivité prolongée sur le sport, j’ai nagé, escaladé, pédalé et j’ai retrouvé ma ligne en moins de six mois. Alors qu’aujourd’hui j’ai un mal fou à marcher et je pourrais au mieux avoir de beaux bras musclés… si je participais aux jeux paralympiques d’athlétisme séniors… !

Oh je me suis vertigineusement éloignée du sujet que je voulais aborder ! Je disais que la chambre vide était occupée à nouveau et que l’homme qui en a pris possession est d’une grande élégance. Il donne l’image d’un « papi dandy ». Je l’ai croisé dans le couloir ce matin. Deux hommes l’entouraient et lui portaient quelques petits meubles et une grosse valise. Il marche plutôt bien ce monsieur. Je ne sais pas pourquoi il ne reste pas à domicile ? Peut-être qu’il n’a pas de famille… En tout cas il m’intrigue et j’ai hâte d’en savoir plus à son sujet. Sauf s’il est comme le Général, et qu’il a des idées rétrogrades et ultraconservatrices…

Vivement la mer demain ! Peut-être que les amoureux se baigneront. Je crois que c’est rare que des employés de maison de retraite accordent de leur temps libre à des résidents. Mais c’est une preuve extraordinaire d’amour.


A très vite pour vous conter mon week-end ! Lili Rose, en grande forme !

lundi 17 mai 2010

Les jolies colonies de vacances… des p’tits papis, des p’tites mamies, …tous les ans, je voudrais que ça r'commence You kaïdi aïdi aïda

Me voici à présent rentrée ! Que de choses à raconter ! Je vais me limiter, comme de coutume, aux plus rigolotes, car il est si bon de rire ! Nous étions donc six personnes âgées, deux aides-soignants et une infirmière. J’étais l’unique fauteuil roulant. Après avoir roulé pendant trois longues heures et demandé toutes les demi-heures si nous arrivions bientôt, comme des gosses, nous avons aperçu la mer et notre « résidence familiale ». Nous logions dans un grand appartement au rez-de-chaussée, à deux par chambre, sauf Marie l’infirmière qui avait le privilège de dormir seule. Violette et moi avons pris une chambre ensemble. Elle a senti la rose tout le week-end Violette « C’est ma nouvelle création » comme elle dit, « beaucoup rose, un peu d’iris, une touche de jasmin, et le tour et joué ! ». Je rappelle que Violette était NEZ pour un grand parfumeur toute une vie durant. Le Général et monsieur Turin ont pris une chambre ensemble. Et enfin, car les femmes vivent plus longtemps que les hommes c’est bien connu, deux autres dames, Mireille et Clothilde ont formé le dernier couple. Les deux aides soignants, Tom et Bertrand ont pris la chambre la plus proche de la porte d’entrée. J’ai compris plus tard que c’était pour sortir plus facilement faire la fête vendredi et samedi soir pendant que Marie restait sagement nous surveiller.

Notre week-end est passé en un éclair ! Vendredi soir, après avoir longuement observé la mer, nous sommes allés dans une petite crêperie. J’ai mangé une galette "Chevrette" avec du chèvre chaud, des tomates et de la salade ! Je pourrais écrire des lignes sur l’excitation de mes papilles lorsque je mastiquais ce met. Le restaurant c’est bon, certes, mais ce genre de séjour coûte assez cher à la maison pour pas qu’on aille, nous remplir la panse au restaurant trois jour durant! Nous devions donc cuisiner nous même ! Samedi matin on a fait des grosses courses ! D’abord au marché afin de se fournir en fruits et légumes frais et enfin au super marché pour tout le reste. Je dois avouer qu’en fauteuil, j’allais plutôt vite d’autant plus que Tom me poussait. Mais comme un groupe se cale toujours sur le plus lent, nous avons mis cinq heures à constituer nos victuailles ! Dès que nous sommes rentrés on s’est attelés à la cuisine. Tout le monde aidait Marie et Bertrand, les chefs cuisiniers, sauf le Général qui lisait son journal en position de repli dans sa chambre ! Je suis allée le voir en lui disant (en lui criant pour être plus précise car il est presque sourd et pas appareillé) que l’ambiance était excellente et que nous n’attendions plus que lui mais il m’a répondu « La cuisine, c’est une affaire de femmes ». Je peux vous dire que j’ai senti la moutarde me monter au nez… J’ai tourné mon fauteuil, fâchée et j’ai essayé de claquer la porte pour donner à mon agacement un côté théâtral mais je n’y suis pas arrivée à cause de ce maudit deux roues qui m’encombre la vie. Finalement, j’ai roulé aussi vite que possible vers notre cuisine. Je ne suis pas féministe. Par contre, j’aime cette l’idée du partage de tâches, de toutes les tâches et de l’asexuation des activités.

Deux jours durant, le Général s’est isolé pendant la préparation des repas. Je peux vous dire qu’il a intérêt à frapper à ma porte pour trouver de la compagnie. Il risque de ne pas être déçu ! En tout cas s’il ne cuisinait pas, qu’est-ce qu’il mangeait ! Son appétit est simplement gargantuesque ! J’écarquillais les yeux en le voyant se resservir. « Pas de gaspillage ! » disait-il ! Effectivement, plus une pâte au fond de la casserole, plus un morceau seul de poulet, plus de macédoine de légume, ni de steak haché ! Tout doit disparaître ! Je me le suis même imaginée en train de participer à un de ces concours ou l’on doit manger le plus vite possible le plus possible de sandwich, de gâteau crémeux ou de je ne sais quoi encore! Il aurait pu faire carrière la dedans…aussi bien qu’à l’armée du moins !

Le samedi après midi on est allés visiter une réserve de papillons et là vraiment, nous avons tous été éblouis pas la beauté des ces créatures féeriques. Il y en avait partout, qui volaient, de toutes les couleurs, C’était plus beau encore que si des macarons multicolore avaient tourbillonnés autour de moi. J’ai vu que monsieur Turin a failli gober un papillon car il a toujours la bouche ouverte. Mais la petite bête est sortie de sa bouche aussi vite qu’elle y était entrée. Alléluia !

Le dimanche on est allé voir quelques galeries de peinture. J’en ai pas vu beaucoup car souvent mon fauteuil ne rentrait pas ! Tom et Bertrand voyant ma déception devant la troisième galerie, m’on prit chacun d’un côté et j’avais l’impression d’à peine poser le pied par terre! C’est qu’ils sont costauds les pères Tom et Bertrand ! Le dimanche soir on a bu tous ensemble une tisane. Et je me suis dit que le fait de passer du temps avec des gens, sans obligatoirement échanger énormément, cela rapproche beaucoup !

Lundi en milieu de matinée on est remonté dans le minibus, direction la maison de retraite. J’ai bien de la chance de faire partie du groupe « des dynamiques » et j’espère vraiment conserver ma fraîcheur et ma tête encore quelques années. Si j’en crois Marguerite Yourcenar, les gens vieillissent toujours sur leur propre ligne de vie. Faites que cela soit vrai !

Tiens cela faisait longtemps, Léopold est venu chercher sa sœur dans ma chambre. Il a regardé partout. Il voulait même soulever ma robe. Mais j’ai monté la voix « Non, elle ne se cache pas là » et il est parti. Il devait vraiment y tenir énormément à sa sœur pour la chercher sans relâche alors même qu’elle est morte depuis des mois.

J’espère que votre week-end fut beau et serein. Qu’il fut joyeux et festif aussi… Il y a mille et une manière d’organisé des fins de semaines agréables et dépaysantes ! Sans d’ailleurs quitter son chez-soi !

Finie la colonie ! Merveilleuse semaine à vous tous ! Votre fidèle Lili Rose !