Une petite brise fraîche; passe par la fenêtre, … le soleil l’a épargné…
Ce matin j’ai reçu un colis de Dénoline. Comme je le lui avais demandé elle est passé chez moi (dans ma maison que je n’occupe plus !) et elle m’a envoyé quelques livres. J’ai un rapport particulier au papier. Je ne pourrais jamais lire un livre entier sur un écran (sauf mon roman par obligation !). Et si je comprends bien les livres numériques vont bientôt envahir le monde !
Avoir sa librairie à soi… voilà quelques chose qui m’aurait plus. Une vieille librairie avec de la moquette rouge beaucoup de bois et des petites échelles pour accéder au sommet des étagères !
Deux proposition pour rebaptiser ma maison de retraite me sont parvenues. Je les trouve rigolotes ! La première c’est « La caserne » à cause du Général ! C’est vrai, quand j’y pense que notre vie est très structurée ici, au millimètre près si j’ose dire. 8h00-8h30 : Petit déjeuner en chambre. Puis les aides soignantes s’occupent de la valses des toilettes et courent dans tous les sens. Entre temps il y a la femme de ménage qui passe changer les draps quand ils sont sales et laver la chambre puis à 12h on mange. L’après midi est généralement plus calme puis à 19 heures on dîne ! (le premier service réservé à ceux qui ne peuvent pas manger seuls dînent avant nous à 18h30). Et enfin vient le coucher. A 21 heures normalement tous les résidents sont dans leurs chambres et les veilleurs de nuit arrivent ! Voilà l’emploi du temps ! L’autre proposition de nom est : « After Eight », parce que c’est vrai que j’écris souvent le soir quand l’extinction des feux a sonné ! Et que je vous livre le côté chocolaté de la maison de retraite ! Comme je suis en froid avec le Général macho, mon cœur penche dangereusement pour l’After Eight !
Je reviens à mes moutons ! Le colis de ma fille Dénoline contenaient quelques livres que j’aime particulièrement tel que l’Etranger et La Peste de Camus, Belle du Seigneur de Cohen, Gargantua de Rabelais.. Et en feuilletant les pages de ce délicieux Gargantua, une feuille jaunie par les année est tombée au sol. J’ai du appeler Bertrand l’aide soignant pour qu’il me l’a donne. C’était une lettre de Maurice, mon premier amour, mon premier compagnon, le père d’Anna. Il m’avait griffonné ces mots après notre première rencontre. Le passé vous rattrape souvent…
« Un tourbillon violent a bouleversé ma vie. Rire éclatant, furieuse beauté, un genou devant toi je plie, pour l’éternité je te suis acquis. Première rencontre, magie figée, et je succombe, succombe, succombe, ou se cache donc ma fierté ? »
Il y a tellement de personne qui se cachent leur amour, qui n’osent pas se l’avouer et qui passe à côté d’histoires merveilleuses. J’ai toujours aimé les gens francs, sans peur, chevaleresque pour ainsi dire !
Violette est venu ce matin et on a ergoté. Elle est vraiment seule cette femme, c’est injuste. Son fils vient la voir deux ou trois fois par an seulement…Et ses deux petites filles ont des vies bien remplies (une a un cancer..). Elle m’a dit qu’il fallait que je lise « Le Parfum » de Patrick Süskind absolument, que c’était sa bible et qu’elle pouvait me citer des passages entier par cœur tellement elle l’avait lu ! Elle s’est mise à me réciter des passages… que j’ai déjà oublié d’ailleurs ! Je me souviens juste d’un phrase : « Qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur de l’humanité. »
- Et tu en penses quoi des odeurs ici ? Je lui ai demandé.
- Ici ça sent pas le cœur de l’humanité mes ses fesses ! Elle a répondu.
Ca doit être dure pour un Nez d’être entouré de certaines personnes incontinentes ou qui font caca partout… Une femme de ménage m’a dit qu’elle avait retrouvé du caca dans le tiroir de Léopold et qu’une fois il avait même fait ses excréments dans le pichet en plastique qu’on a dans les chambre…
Quelle bout de femme quand même cette Violette ! Si on s’était rencontrée cinquante an plus tôt, on en aurait fait les 400 coups ! Une chose est sûre, jamais je n’aurais écrit un Blog si j’était restée chez moi. Ici, il y a environ mille choses à raconter !
Je vais déjà finir mon billet sur l’histoire drôle du jour car dans deux heures Anna arrive ! Ce matin Morphée la chienne de l’institution a fait un caca (décidément c’est un billet scatologique aujourd’hui j’en suis navrée !) devant l’After Eight (ma maison de retraite pour ceux qui n’ont pas suivi !). Personne n’avait eu le temps de nettoyer quand la directrice, pressée, a marché dessus. Madame Routèche, qui comme d’habitude fumait sa cigarette, a dit très sérieusement « C’est pas grave, c’est le pied gauche, ça porte bonheur ! ». Elle est vraiment superstitieuse cette Madame Routèche, c’est le moins qu’on puisse dire ! La directrice un peu moins parce qu’elle n’était pas contente. La vie s’arrange pour qu’une justice se fasse… La directrice est peu aimable et en retour il ne lui arrive pas que des bonnes choses !
MERVEILLEUX WEEK-END à TOUS !
Votre Lili Rose ! Comme mon compteur est cassé j’indiquerais lorsque j’y penserai le nombre visite que m’indique mon compteur de Google analytics qui est lui vraiment fiable !
2076 visite depuis le 9 mai ! Pas mal non ?
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vendredi 4 juin 2010
mardi 25 mai 2010
Mme Routèche, elle ne fume pas que de la nicotine...
Tout est à nouveau calme... La journée n'a pas épargné notre maison de retraite...
Tout d'abord, je vais vous conter l'histoire de jour. Certains ici la juge drôle, pour ma part, je la trouve plutôt effrayante.
C'était aux alentours de midi. On était tous en salle à manger sauf ceux qui mangent un plateau dans leur chambre, et l'entrée (carottes râpées) commençait à être servie. Comme d'habitude, madame Routèche, notre grosse fumeuse de 93 ans, fumait une cigarette dehors. Deux grands adolescent sont passés près d'elle et lui ont proposé de fumer une de leur cigarette. Mme Routèche a refusé, elle n'aime que les gauloises je crois. Ils l'on obligé à aspirer sur leur grosse cigarette à plusieurs reprises. Sophie qui descendait des étages est allée dehors voir ce qui se passait et les deux énergumènes ont pris la poudre d'escampette... En fait, il n'y avait pas que du tabac dans leur cigarette. Sylvie Routèche a d'abord beaucoup ri puis elle s'est sentie triste et mal. Elle « puait l'herbe » comme dit Bertrand. Comment des jeunes peuvent-ils faire cela? Déjà, qu'ils s'esquintent la santé c'est un monde, mais qu'en plus ils viennent abîmer celles des autres... Etrange attitude. Tom et Bertrand ont beaucoup ri devant l'état de la pauvre Sylvie. On voyait bien qu'ils tentaient de se retenir puis ils s'esclaffaient et s'en allaient dans une autre pièce avant de revenir. Sophie et la directrice, elles, n'ont absolument pas trouvé le spectacle comique.
Sans transition, Elsa ma dame de compagnie est venue me voir. J'ai eu le cœur fendu en la voyant arriver. Elle qui était si raffinée, qui prenait tant soin de sa toilette. J’ai vu une Elsa à l’abandon si je puis me permettre l’expression. Les joues creuses, les cheveux à peine coiffés, un vieux jean trop grand et une chemise débraillée. Elle s’est forcée à sourire et s’est assise. Je n’ai même pas demandé si son mari était revenu… Bien sur que non.
- Je suis si mal Lili…
- Je le vois madame de Dudicour.
- Il ne revient pas. Je crois bien que mon mari et parti pour de bon avec sa jeunette…33 ans de vie commune rayés si vite.
Pendant deux heures elle a pleuré et je lui ai dit combien elle était belle et combien la vie valait la peine qu’elle se relève. Je lui ai conseillé de faire 1000 activités pour oublier, aller au cinéma, nager à toute allure la brasse coulée, aller s’asseoir sur le banc d’un parc d’enfant et regarder, écouter les rires des petiots… et j’en passe. Je crois que ça lui a fait du bien de parler. Elle semblait aller un peu mieux en quittant ma chambre.
Toutefois, je le sais, contre les chagrins d’amour il n’y a que le temps qui vaille…Il atténue tout le temps, c’est un allier contre le malheur. Mais il faut s’allier de patience pour le voir bien fonctionner !
La journée ne fut donc pas très rigolote… Demain est un jour nouveau !
Votre Lili remonte moral… Copine d’une fumeuse d’herbe….
Tout d'abord, je vais vous conter l'histoire de jour. Certains ici la juge drôle, pour ma part, je la trouve plutôt effrayante.
C'était aux alentours de midi. On était tous en salle à manger sauf ceux qui mangent un plateau dans leur chambre, et l'entrée (carottes râpées) commençait à être servie. Comme d'habitude, madame Routèche, notre grosse fumeuse de 93 ans, fumait une cigarette dehors. Deux grands adolescent sont passés près d'elle et lui ont proposé de fumer une de leur cigarette. Mme Routèche a refusé, elle n'aime que les gauloises je crois. Ils l'on obligé à aspirer sur leur grosse cigarette à plusieurs reprises. Sophie qui descendait des étages est allée dehors voir ce qui se passait et les deux énergumènes ont pris la poudre d'escampette... En fait, il n'y avait pas que du tabac dans leur cigarette. Sylvie Routèche a d'abord beaucoup ri puis elle s'est sentie triste et mal. Elle « puait l'herbe » comme dit Bertrand. Comment des jeunes peuvent-ils faire cela? Déjà, qu'ils s'esquintent la santé c'est un monde, mais qu'en plus ils viennent abîmer celles des autres... Etrange attitude. Tom et Bertrand ont beaucoup ri devant l'état de la pauvre Sylvie. On voyait bien qu'ils tentaient de se retenir puis ils s'esclaffaient et s'en allaient dans une autre pièce avant de revenir. Sophie et la directrice, elles, n'ont absolument pas trouvé le spectacle comique.
Sans transition, Elsa ma dame de compagnie est venue me voir. J'ai eu le cœur fendu en la voyant arriver. Elle qui était si raffinée, qui prenait tant soin de sa toilette. J’ai vu une Elsa à l’abandon si je puis me permettre l’expression. Les joues creuses, les cheveux à peine coiffés, un vieux jean trop grand et une chemise débraillée. Elle s’est forcée à sourire et s’est assise. Je n’ai même pas demandé si son mari était revenu… Bien sur que non.
- Je suis si mal Lili…
- Je le vois madame de Dudicour.
- Il ne revient pas. Je crois bien que mon mari et parti pour de bon avec sa jeunette…33 ans de vie commune rayés si vite.
Pendant deux heures elle a pleuré et je lui ai dit combien elle était belle et combien la vie valait la peine qu’elle se relève. Je lui ai conseillé de faire 1000 activités pour oublier, aller au cinéma, nager à toute allure la brasse coulée, aller s’asseoir sur le banc d’un parc d’enfant et regarder, écouter les rires des petiots… et j’en passe. Je crois que ça lui a fait du bien de parler. Elle semblait aller un peu mieux en quittant ma chambre.
Toutefois, je le sais, contre les chagrins d’amour il n’y a que le temps qui vaille…Il atténue tout le temps, c’est un allier contre le malheur. Mais il faut s’allier de patience pour le voir bien fonctionner !
La journée ne fut donc pas très rigolote… Demain est un jour nouveau !
Votre Lili remonte moral… Copine d’une fumeuse d’herbe….
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